Zoom sur le Patrimoine naturel: l’exemple de la Camargue et du parc ornithologique de Pont-de-Gau (13)
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  • A l’occasion de la MuseumWeek, nous vous proposons un zoom en rapport avec le thème de la nature.

    En 1945 est créé l’Unesco, organisation pour l’éducation, la culture et la science. Dans les premières années de son existence, l’institution a choisi de se concentrer sur la protection des biens culturels, et notamment des lieux remarques. Mais rapidement, elle a étendu sa sauvegarde au Patrimoine naturel.

    La protection au titre de « Patrimoine naturel » de l’Unesco

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de GauLa Réserve naturelle de Scandola, Patrimoine mondial, Corse

    En 1972, l’Unesco adopte un traité international sur la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. 

    Objectif : identifier, protéger et valoriser ces patrimoines à l’échelle planétaire. 

    L’intérêt : une mise en lumière qui donne du prestige à un lieu, et qui attire les touristes, mais aussi des avantages fiscaux, des plans d’urgence financière et des aides à la gestion.

    Pour obtenir la protection, les sites naturels qui candidatent sont retenus selon 4 ou 5 critères en fonction de leur spécificités. En 2005, tous les critères ont été fondus en 10 critères uniques qui s’appliquent à tous les sites.

    Depuis cette fusion, les sites naturels qui souhaitent être reconnu doivent entre autre: 

    • - être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la Terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification 
    • - être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins
    • - contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation si située la diversité biologique, y compris ceux qui survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation

    La protection ainsi définie permet de préserver une grande majorité des sites dans lequel l’action humaine a été très limitée, voire inexistante. Tous les sites naturels ne peuvent donc pas profiter de cette protection.

    Les réserves de biosphères

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    En 1971, en amont de la création de la protection des sites naturels, l’Unesco lance la reconnaissance des réserves de biosphères, zone d’échange entre les écosystèmes terrestres, marins et côtiers.

    Objectif : favoriser le développement durable et empêcher la dégradation des écosystèmes.

    Intérêt : limiter les candidatures pour obtenir la reconnaissance Patrimoine naturel, et donc les aides financières, mais soutenir le développement durable à une époque où l’écologie importe peu.

    En 1995, l’Unesco approuve à Séville la création d’un réseau mondial des réserves de biosphères. Elles sont placées sous la gestion des Etats, leur statut est reconnu sur un plan international, mais le réseau leur permet de partager leurs expériences et leurs idées.

    En juin 2017, on comptait 669 réserves dont 20 transfrontalières dans 120 pays, 287 dans les 36 pays européens et 14 en France, dont le Parc des Cévennes, le Bassin de la Dordogne et la Camargue.

    La réserve de biosphère se veut, selon la définition de l’Unesco, « des sites de soutien pour la science au service de la durabilité  – des lieux spéciaux où tester des approches interdisciplinaires afin de comprendre et de gérer les changements et les interactions entre systèmes sociaux et écologiques, y compris la prévention des conflits et la gestion de la biodiversité. »

    Elle s’organise autour de 3 zones interdépendantes qui remplissent trois fonctions, indispensable pour la reconnaissance : l’aire central ou se trouve l’écosystème, la zone tampon autour de l’aire centrale dans laquelle les pratiques sont écologiques, et une zone de transition où l’activité humaine s’exerce un peu plus fortement.

    Ce sont ces trois zones qui constituent la réserve de biosphère.

    Les Parcs naturels régionaux

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    Parallèlement aux protections de l’Unesco, des communes françaises ont choisi de préserver leur diversité. Dès les années 1960, des acteurs locaux (agriculteurs, environnementalistes ou ingénieurs) font remonter à la DATAR (délégation à l’aménagement du territoire) leurs attentes.

    Objectif : protéger un milieu jugé riche mais fragile

    Intérêt : accorder une reconnaissance sans que les parcs n’aient de pouvoir réglementaire, permettant ainsi de pouvoir faire primer les intérêts de la société si leurs missions ne sont pas respectées 

    Les Parcs naturels régionaux commencent à s’organiser rapidement et sont officiellement créés en 1967 par décret avec cette première définition: "un territoire peut être classé en "Parc naturel régional" lorsqu’il présente un intérêt particulier, par la qualité de son patrimoine naturel et culturel, pour la détente et le repos des hommes et le tourisme et qu’il importe de le protéger". Le label est attribué pour une durée de 15 ans renouvelable.

    Le Parc ne peut ainsi pas s’opposer à la construction, à la chasse ou à l’agriculture. Mais il doit s’engager à respecter 5 missions : 

    • - développer leur territoire en le protégeant
    • - protéger leur territoire en le mettant en valeur
    • - participer à un aménagement fin des territoires
    • - accueillir, informer et éduquer les publics aux enjeux qu’ils portent
    • - expérimenter de nouvelles formes d’action publique et d’action collective

    Il est généré par un Syndicat mixte d’aménagement et de gestion. Comme pour les réserves de biosphères, ces derniers sont reliés par un réseau national, dans lequel chacun échange sur son expérience.

    En 2018, on compte 52 parcs naturels régionaux, pour une superficie totale de 15% du territoire français.

    L’exemple du parc ornithologique de Pont-de-Gau en Camargue

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    A cheval sur deux départements (Bouches-du-Rhône et Gard) et deux régions (Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Occitanie), la Camargue est un lieu où se mêle histoire et environnement. Ecosystème complexe, avec des salins, des flamants roses et des rizières, la région a compris très tôt sa vulnérabilité, et son besoin de protection.

    Les paysages, la faune et la flore n’ont rien de « naturel » en Camargue (et plus généralement dans le monde, car l’homme a façonné son paysage, et les zones « vierges » sont extrêmement rares). La région nait il y a 10 000 ans, lors de la formation du Delta du Rhône. Dès l’Antiquité, elle est mise en culture. Au Moyen-Âge, on construit des digues. Au XVIIIe et XIXe siècle, les salins progressent et au XXe siècle, le débit du Rhône est canalisé et l’eau maitrisée, permettant l’apparition de la riziculture. Entre 1944 et 1988, la zone connait une forte industrialisation, et 40 000 ha d’espaces naturels sont perdus. Mais dans les années 1970, des activistes persuadent les politiques d’instaurer des politiques de protection de l’environnement, pour éviter la disparition de la Camargue.

    Ne possédant pas un paysage « historique », la région ne pouvait pas prétendre à la protection du Patrimoine naturel. Mais sa spécificité environnementale, liée à ses 150 000ha de zone humide paralique (zone de transition entre l’eau salée et l’eau douce) lui a permis de devenir une réserve de biosphère en 1977.

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    La Camargue est une halte migratoire pour les canards et les autres oiseaux d’eau. 150 000 individus y transitent chaque année, dont jusqu’à 30 000 flamants roses en été (la Camargue est le seul lieu annuel de reproduction). Toute une faune s’est développée dans les salins, avec entre autre de la salicorne et des lis des sables. 

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    En 1949, un passionné d’ornithologie, René Lamouroux,  décide de créer un zoo avec des oiseaux spécifiques de la faune locale dans des cages. En 1974, suite au classement de la réserve de biosphère, son fils reprend l’entreprise et décide d’en faire un lieu de sensibilisation à l’environnement et à la sauvegarde de ce milieu si singulier. Les oiseaux évoluent désormais librement à l’intérieur et à l’extérieur du parc, au grès des migrations et des saisons.

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    Au fil des années, le parc s’agrandit et le parcours est aménagé pour le visiteur autour des deux bassins. La flore s’est diversifiée et des efforts sont faits constamment par les gestionnaires du parc pour surveiller et maintenir cet écosystème, nécessaire au développement de la faune. Tous les oiseaux qui transitent par le parc sont surveillés et bagués. Les animaux se sont doucement anthropisés, c’est-à-dire qu’ils tolèrent la présence de l’homme et se laissent donc facilement approcher. 

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

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    C’est également dans les années 70 qu’est créé un centre de soin pour les oiseaux blessés. Il accueille en moyenne 350 volatiles par an. Les oiseaux ne pouvant pas être relâchés sont installés dans des volières et présentés au public.

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    Le parc comporte également plusieurs panneaux d’éducation à destination des visiteurs. L’accent est mis sur la sensibilisation des publics sur la fragilité des écosystèmes.

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau

    Aujourd’hui, le parc est installé sur 60ha et comporte 7km de sentiers. Il est accessible aux personnes à mobilité réduite et a reçu le label « Tourisme et handicap ».

    Le parc ornithologique de Pont-de-Gau est l’un des exemples les plus forts de laréussite des politiques de protection de la nature qui ont été mises en place depuis les années 1970.

    Patrimoine naturel, réserves de biosphère, Camargue, Pont de Gau



    http://www.parcornithologique.com/

    http://www.unesco.org/new/fr/natural-sciences/environment/ecological-sciences/biosphere-reserves/

    https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/developpement-durable-questions-reserves-biosphere-257/page/2/

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_naturel_régiona...

  • Horaires

    Adresse précise: RD 570 Lieu dit Pont de Gau, 13460 Les Saintes-Marie de la Mer

    Ouvert tous les jours (sauf le 25 décembre) :

    • Du 1er avril au 30 septembre de 9h à 19h
    • Du 1er octobre au 31 mars de 10h à 18h
  • Plein tarif: 7,5€

    Tarif réduit: 5€

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